DOSSIER DE PRESSE
Inauguration
du Parc-Mémorial
pour les Révoltés de
Villefranche-de-Rouergue
(Aveyron)
Dimanche 17 septembre 2006 - 12 heures
Villefranche-de-Rouergue
Contacts Presse :
Claude GRBESA,
Premier Secrétaire
Ambassade de Croatie en France
Tél. 01 53 70 02 85 - Mobile : 06 63 72 39 37
Fax : 01 53 70 02 90 - Courriel : claude.grbesa@mvpei.hr
Sébastien JULIEN,
Chargé de Communication
Mairie de Villefranche-de-Rouergue
Tél. 05 65 65 16 34 - Fax :05 65 45 01 70
Courriel : communication@mairie-villefranchederouergue.fr
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Communiqué de presse
Le Premier ministre croate, le Ministre français des Affaires
étrangères et l’ambassadeur de la Bosnie-Herzégovine en
France étaient présents à Villefranche-de-Rouergue, le
17 septembre dernier, pour inaugurer un parc-mémorial
aménagé sur l'initiative conjointe du Gouvernement de Croatie,
du Conseil Général de l'Aveyron et de la Commune de
Villefranche-de-Rouergue. Celui-ci rend hommage au sacrifice
des jeunes soldats de Croatie et de Bosnie-Herzégovine tombés
lors du soulèvement du 17 septembre 1943 à Villefranche-de-
Rouergue contre leurs oppresseurs nazis.
Les personnalités présentes
Ce parc a été inauguré à l'occasion de la traditionnelle commémoration du
17 septembre, en présence des nombreuses personnalités ayant répondu à
l'invitation du Président du Conseil Général, Jean Puech, et du Député-Maire,
Serge Roques.
Étaient notamment présents à cette cérémonie à la fois inaugurale et
commémorative : le Premier ministre de la République de Croatie,
Ivo Sanader ,
le Ministre français des Affaires étrangères,
Philippe Douste-Blazy, le Vice-
Premier ministre croate
Jadranka Kosor, le Ministre croate de la Culture, Božo
Biškupi
ć
, l'ambassadeur de Croatie en France, Božidar Gagro , l'ambassadeur de
Bosnie-Herzégovine en France,
Željana Zovko . Ont également participé à la
cérémonie : l'ambassadeur de France en Croatie,
François Saint-Paul , une
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délégation du Comté d'Istrie menée par son président
Ivan Jakovčić, le député
croate
Petar Selem , président du Groupe d'amitié Croatie-France au Sabor
(Parlement croate), une délégation de la Ville de Pula, conduite par son maire
Boris Mileti
ć
, et avec laquelle Villefranche-de-Rouergue envisage très
prochainement un jumelage, le député
Patrick Bloche, président du Groupe
d'amitié France-Croatie à l'Assemblée Nationale. Diverses associations d'anciens
combattants croates et français ont également honoré la cérémonie de leur
présence, ainsi que les associations croates de France.
Honorer la mémoire des révoltés croates contre leurs
oppresseurs nazis
Ce lieu de mémoire
hautement symbolique a été
aménagé sur le site même où
les révoltés sont tombés sous
les balles allemandes et làmême
où s'est dressé depuis
plus de 60 ans l'ancien
« monument provisoire ». Les
aménagements ont été conçus
de manière à donner à ce
parc-mémorial, le premier du
genre en France, une configuration
digne de l'événement
qu'ils honorent.
Rappelons que celui-ci, s'il
avait un impact limité sur le
plan militaire, n'en constitue
pas moins la première
rébellion armée au sein des
unités allemandes. Le
17 septembre 1943, quelque
cinq cents Croates, enrôlés de
force dans les unités SS de
l’armée allemande et envoyés
à Villefranche-de-Rouergue
pour des manoeuvres d’entraînement, décident de se libérer de leur
asservissement et de rejoindre le maquis français. Ils organisent une révolte et
se débarrassent de leurs commandants allemands. Rapidement la plupart des
insurgés du 13
e bataillon de la 13e Division SS sont soit capturés, soit tués au
combat, une faible partie parvenant toutefois à fuir ou à rejoindre la résistance
française. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été tués et furent ensevelis dans un
charnier à l’entrée de la ville au lieu-dit désormais dénommé « Champ des
martyrs croates ». La reconstruction historique a permis d'en identifier quatorze
avec certitude. D'après les témoignages, le chiffre approximatif de morts
avoisinerait la centaine, comprenant les mutins qui ont été ensevelis dans des
lieux inconnus ou ont perdu la vie durant leur transport ou dans les camps de la
mort.
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L'aménagement du site
Cet espace de recueillement, imaginé par l'architecte croate Ivan Prtenjak et
l'architecte paysager aveyronnais Patrice Causse, se compose de statues offertes
par le Gouvernement de Croatie à la Commune de Villefranche-de-Rouergue,
pour témoigner de sa gratitude à l'égard du souvenir que les Villefranchois
entretiennent chaque
17 septembre depuis plus
de 60 ans.
Dans un premier temps, le
visiteur accédant au site
par l'Avenue des Croates
aperçoit les silhouettes de
« quatre enfants de la
patrie » tombant sous les
balles allemandes. Il s'agit
de deux blocs de statues
en bronze, reproduisant
fidèlement l'oeuvre du
sculpteur Vanja Radauš
réalisée au lendemain de
la Seconde Guerre
Mondiale et initialement
destinée à Villefranchede-
Rouergue. Ceux-ci sont
disposés de part et d'autre
de l'allée centrale
conduisant vers l'ossuaire
dominé par la statue
« d'une mère se
recueillant sur la tombe
de ses enfants en leur
apportant des pommes ». Une image qui, dans la tradition de la région d'origine
du sculpteur, né à Vinkovci dans l’est de la Croatie, est un symbole de
renaissance et d'espoir. Un massif fleuri a été réalisé au pied de cette statue,
pour rappeler que des Villefranchois, en dépit de l'interdiction des allemands,
ont eu le courage de venir fleurir les tombes de ces martyrs croates. Enfin, deux
stèles se dressent de chaque côté de cette statue.
Ce site a vocation à être à la fois un lieu de recueillement particulièrement
reposant et un agréable espace de promenade à deux pas du centre-ville.
L'aménagement a non seulement consisté à édifier un mémorial, mais il a aussi
permis de créer de toutes pièces et d'offrir aux Villefranchois un nouveau parc à
deux pas du centre-ville. Pour cette raison, les lieux ont dans leur majeure
partie été ensemencés de pelouse, au milieu de laquelle serpentent deux allées
invitant à la promenade. 24 arbres ont également été plantés, parachevant un
aménagement qui a été réalisé en moins de cinq mois par les entreprises et les
services techniques municipaux.
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Fiche technique
Montant total de l'opération
: 372 532,54 € TTC
Opération financée par
:
–
Commune de Villefranche de Rouergue : 144 142,54 €
–
Conseil Général de l'Aveyron : 120 740,00 €
–
État (Ministère des Affaires étrangères) : 70 000,00 €
–
Conseil Régional : 37 650,00 €
–
Le Gouvernement de Croatie (Ministère de la Culture) a fait don des trois
groupes de sculptures de Vanja Radauš érigées dans le parc-mémorial,
ainsi que des deux stèles de pierre de Croatie
Entreprises et services municipaux ayant participé à la réalisation
Conception :
l'architecte Ivan Prtenjak et
l'architecte paysager Patrice Causse de la
société
L'Atelier des paysages à Olemps (12)
Terrassement :
entreprise Sotrameca à
Saint-Salvadou (12)
Réalisation des socles en béton,
installation du mur en pierre et pose des
statues :
entreprise Lagarrigue à Firmi (12)
Aménagement paysager :
Service Municipal
des Espaces Verts
Aménagements des abords :
Eurovia à
Rodez (12)
Études bétons :
ITC à Clermont-Ferrand
(63)
Mise en lumière du Mémorial :
société
Arnal
à Villefranche-de-Rouergue (12)
Les services municipaux suivants ont aussi participé à l'aménagement du
parc-mémorial :
maçonnerie, voirie, nettoiement et service des eaux.
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Ce qui s'est passé
le 17 septembre 1943
En 1943, des milliers de Croates originaires de Croatie et de Bosnie-Herzégovine
sont enrôlés de force dans la 13
e Division SS de l’armée allemande, alors
puissance occupante en Croatie. D'abord parmi les classes 1924 et 1925, dont les
deux tiers sont immédiatement réquisitionnés. Mais l'effectif demeurant
insuffisant, des razzias sont menées en juillet et août dans les rues de Zagreb et
tous les hommes nés entre 1917 et 1925 sont arrêtés sur-le-champ et convoyés
sous bonne garde vers l'Allemagne, pour y être formés avant d'être envoyé sur
les théâtres d'opération. Parmi ces hommes dont la plupart n'a pas vingt ans près
d'un millier sera envoyé à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), dans le sud de la
France, où les Allemands redoutent un débarquement des troupes alliées. Ils y
formeront le 13
e bataillon de pionniers et s'y prépareront à des manoeuvres
d’entraînement.
Cependant le ressentiment profond qui oppose ces soldats mobilisés de force et
les officiers allemands chargés de les encadrer ne fera que s'accroître à mesure
que se multiplient les mauvais traitements dont ils sont l'objet et qui
scandalisent la population villefranchoise, témoin des humiliations et vexations
qui leur sont infligées. Imaginée dès leur déportation en Allemagne par le groupe
de meneurs, l'idée d'une mutinerie fait bientôt son chemin parmi la troupe, bien
décidée à s'affranchir de son asservissement et à rejoindre la Résistance
française.
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Le 16 septembre, deux soldats bosniaques parviennent à se procurer des
vêtements civils auprès de la population villefranchoise et s'enfuient. Les
derniers détails du projet de mutinerie prévu pour le lendemain sont revus. Le
17 septembre une dizaine de soldats font irruption à l'hôtel moderne où sont
installés les officiers allemands. Ils s'emparent des officiers tandis qu'un autre
groupe neutralise les sous-officiers logés au collège. Les révoltés tuent cinq
officiers allemands, se rendent maîtres de la ville pendant quelques heures.
Malgré le succès initialement rencontré par l’opération et la mise sous contrôle
de l'armurerie, un officier allemand parvient à s'échapper et donne l'alerte. Alors
qu'ils espèrent la venue de guides censés leur faire gagner le maquis, les mutins
se retrouvent bientôt pris au piège dans la ville « libérée », cernés par des
troupes nazies arrivées en grand nombre de Rodez et des garnisons alentour.
Après une impitoyable chasse à l'homme dans les rues de la ville où les insurgés
tentent une percée désespérée, la plupart sont soit tués au combat, soit
capturés.
Radio Londres s’en fait l’écho
Seuls quelques dizaines d'entre eux parviendront, grâce à l'aide de la population
villefranchoise solidaire des mutins croates, à en réchapper, gagnant le maquis.
Un grand nombre de mutins du 13
e bataillon de la 13e Division SS faits prisonniers
sont envoyés en camp de concentration à Sachsenhausen et Buchenwald, d'où
seuls quelques-uns reviendront. Les autres, seront torturés avant d'être fusillés
et ensevelis à l’entrée de la ville au lieu-dit désormais dénommé « Champ des
martyrs croates ». Symboliquement, l'histoire en a retenu que l'espace d'une
journée Villefranche fut la première ville « libérée » de la France occupée.
Au-delà de l’impact relativement limité de l’insurrection sur le plan militaire,
celle-ci constitua néanmoins la première rébellion armée au sein des unités
allemandes. Redoutant l'écho dévastateur sur le moral des troupes que cette
mutinerie aurait pu rencontrer, Himmler ordonna personnellement d'étouffer
l'affaire. Peine perdue puisque quelques semaines plus tard radio-Londres diffusa
la nouvelle, lui donnant ainsi un retentissement qui déborda largement le cadre
régional.
De la révolte à la Résistance
Si les mutins se disaient eux-mêmes
croates et que nombre d'entre eux
étaient originaires de Croatie, la
plupart était néanmoins originaire
de Bosnie-Herzégovine, laquelle à
l'époque faisait partie de l'éphémère
"État indépendant de Croatie",
instauré sous tutelle allemande et
italienne. Ainsi, selon leur état civil
retrouvé dans les archives,
figuraient parmi les mutins des
"Croates catholiques" (ou Croates) et
des "Croates musulmans" (ou Bosniaques, selon la terminologie actuelle).
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Parmi les quatre meneurs se trouvaient ainsi deux musulmans et deux
catholiques (trois, si l'on y ajoute Jelenek) : Ferid Džani
ć, originaire de Bihać,
Luftija Dizdarevi
ć, originaire de Sarajevo, Nikola Vukelić, né à Gospic, et Eduard
Matutinovi
ć, de Vinkovci. Les deux premiers furent tués au combat à
Villefranche, le troisième y fut torturé et fusillé, seul Matutinovi
ć en réchappa
et gagna le maquis, avant de rejoindre la 9
e Brigade dalmate des partisans de
Tito. Il trouvera la mort dans un accident, en 1945, non loin de Vukovar.
Quant à Božo Jelenek, originaire de Kutina, il parvint également à échapper à la
répression allemande en restant caché dans la ville pendant plusieurs jours. Il
rejoignit ensuite le maquis français où il entra en contact avec d'autres Croates,
anciens des Brigades internationales en Espagne, engagés dans la Résistance :
Milan Kalafati
ć, dit Fernand, Matija Uradin, dit Antoine, et surtout Ljubomir Ilić
(Ilitch), dit Conti, né à Split en 1905, membre du Comité militaire national de la
Libération, et qui fut commandant des FTP-MOI de la Zone Sud, puis
commandant de toutes les unités des immigrants dans les Forces françaises de
l'intérieur et seul général des FFI à n'être pas français. Au printemps 1944, sous
le surnom de Léopold, Jelenek participe comme lieutenant des FFI aux
opérations au sein du Corps franc de la Montagne Noire. Début 1945, il regagne
la Croatie où il est nommé commandant d'un bataillon du 8e corps des Partisans.
Principal témoin de la révolte du 17 septembre 1943 ayant survécu à sa
sanglante répression, il consignera ses souvenirs dans un manuscrit et participera
chaque année, à partir des années soixante, aux commémorations à Villefranche
où il fut jusqu'à sa mort, intervenue le 13 mai 1987, accueilli en héros.
La littérature disponible
Après une première brochure éditée par Louis Érignac, professeur au lycée de
Villefranche (
La Révolte des Croates de Villefranche-de-Rouergue , 1980), Henrik
Heger, maître de conférences à la Sorbonne, publie un article intitulé
Un aspect
méconnu de la présence croate en France au XXe siècle : La révolte de
Villefranche-de-Rouergue (17 septembre 1943) et l’identité collective des
insurgés
, dans « Croatie/France, Plusieurs siècles de relations historiques et
culturelles »
(collectif, Most/The Bridge , Zagreb, 1995). En 1998, s’appuyant sur
de nombreuses archives, françaises et étrangères, l’historien français d’origine
croate, Mirko D. Grmek, et l’écrivain français Louise L. Lambrichs, ont publié
une étude approfondie très complète retraçant les événements du 17 septembre
1943 et le replaçant dans leur contexte plus large (
Les Révoltés de Villefranche ,
Mirko D. Grmek, Louise L. Lambrichs,
Seuil , 1998, 382 p.).
Au côté de cette littérature en français, il existe également une abondante
littérature en croate, notamment au travers de feuilletons et des enquêtes
historiques publiées dans la presse croate depuis les années 1970. Par ailleurs, la
télévision croate a diffusé plusieurs documentaires consacrés à la Révolte du
17 septembre 1943.
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Les commémorations
de 1944 à nos jours
Depuis la fin de la guerre, une cérémonie commémorative est organisée, chaque
17 septembre, par la municipalité de Villefranche. En 1950, un monument
provisoire est érigé en mémoire des martyrs. Cependant, afin de ne pas froisser
les autorités de Belgrade, l’épitaphe se voit coiffée d’une étoile rouge et honore
les « combattants yougoslaves ». Toutefois, les autorités yougoslaves décident
d’ériger un monument majestueux. Plusieurs artistes croates (Murti
ć, Hegedušić,
Radauš et Džamonja) sont pressentis et se rendent à Villefranche. Parmi les
esquisses qui en résulteront, c’est le projet du sculpteur zagrébois Vanja
Radauš, notoire résistant de la première heure, qui est retenu. Il réalise en 1952
un monument de pierre, animé de deux groupes d’hommes nus en bronze,
grandeur nature, tombant sous des balles, dont le moulage est financé par le
gouvernement de la république fédérée de Croatie.
Contre toute attente, Belgrade
s’oppose alors au projet si bien que
le monument ne sera jamais offert à
Villefranche, mais sera intégré dans
un monument à la Libération
inauguré en 1955 à Pula (en
Croatie), malgré les protestations de
Radauš. Aussi, les représentants
yougoslaves délaissent-ils peu à peu
les cérémonies commémoratives
organisées par les associations
d’anciens combattants. En 1961, le
Conseil municipal rebaptise
« Avenue des Croates » la route
menant au « Champ des martyrs » et ce sont bientôt les associations croates de
France qui prennent la relève
des officiels yougoslaves.
Depuis 1990, un représentant du
Conseil représentatif des
Institutions et de la Communauté
croates de France (CRICCF)
nouvellement créé et, depuis
l’indépendance de la Croatie en
1992, un représentant de
l’ambassade de Croatie en
France, participent chaque
année aux commémorations du
17 septembre, en présence du
maire ou de son délégué, de
Croates de la région et
d’habitants de Villefranche-de-
Rouergue. En 1993, pour le 50
e
anniversaire de la révolte des
Croates, l’administration croate
des Postes publia un timbre
commémoratif de l’insurrection du 17 septembre 1943. Quelques représentants
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des associations bosniaques de France ont également pris part, à deux ou trois
reprises, aux cérémonies commémoratives au début des années 1990.
Depuis quelques années, une délégation d’anciens combattants croates s’y rend
chaque année. A l’occasion du 60
e anniversaire de la révolte, en 2003, M. Ivica
Pan
čić, ministre des anciens combattants de la République de Croatie, et
M. Pavle Kalini
ć, député au Parlement croate, ont fait le déplacement et
participé à l’inauguration, dans le centre-ville de Villefranche, d’une plaque
commémorative en mémoire de Louis Fontanges, maire de Villefranche en 1943,
sur laquelle est fait explicitement mention de la « Révolte des Croates ». En
2004, la délégation croate a remis à M. Serge Roques, député-maire de
Villefranche, une reproduction photographique du monument de Radauš,
initialement consacré à Villefranche. Dans des interviews publiées dans le
Villefranchois du 16 septembre 2004, M. Roques et M. Bozidar Gagro,
ambassadeur de Croatie en France, se sont prononcés en faveur de l’édification
d’un nouveau mémorial à Villefranche, sous réserve de l’accord des deux
gouvernements.
Lors de la commémoration du 17 septembre 2005, la Bosnie-Herzégovine fut
pour la première fois officiellement représentée par son ambassadeur en France,
M
me Željana Zovko.
Des liens étroits entre
Villefranche-de-Rouergue et la Croatie
Lors de sa dernière visite à Paris, en novembre 2005, le Premier ministre croate,
Ivo Sanader, a remis un mémorandum aux autorités françaises, dans lequel la
Croatie se disait prête à offrir à la municipalité de Villefranche-de-Rouergue une
copie du monument de Vanja Radauš qui était initialement destiné au mémorial
et qui bénéficie de l'assentiment du gouvernement de Sarajevo.
Les 13 et 14 février 2006, M. Serge Roques,
Député-Maire de Villefranche et M. Jean Puech,
Sénateur de l'Aveyron, se sont rendus en Croatie
afin de finaliser les derniers préparatifs pour la
réalisation du mémorial. Ils ont été reçus par le
Président de la République Stipe Mesi
ć, le
Premier ministre Ivo Sanader, le Ministre de la
Culture Božo Biškupi
ć et le président du Groupe
d'amitié Croatie-France au Sabor Petar Selem.
Ils ont également rencontré M. Ivan Jakov
čić,
président du comté d'Istrie et M. Valter Drandi
ć, Maire de Pula, qui a volontiers
accepté l'offre de jumelage avec Villefranche-de-Rouergue, que lui a soumise
M. Roques à cette occasion.
Le sens de ce nouveau mémorial est multiple. Ce monument est érigé en
l’honneur de la solidarité et de la conscience européennes dont ont fait preuve
les combattants en s’insurgeant contre le nazisme au prix de leur vie, mais aussi
en tant que symbole de courage et d’humanisme adressé aux générations
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présentes et futures de l’Europe. Il est néanmoins aussi un témoignage d’amitié
de la Croatie et un signe de gratitude pour le souvenir que les Villefranchois
continuent à cultiver à l'égard de cet événement, en mémoire des liens profonds
qui unissent leur cité à la Croatie.
Afin d’être tout à fait fidèle à la vérité historique et de rendre justice aux
martyrs du 17 septembre 1943, le nouveau mémorial rendra compte des origines
nationales des uns et des autres avec l’épitaphe suivante :
A
UX MARTYRS
COMBATTANTS POUR LA LIBERTÉ
QUI S
’INSURGÈRENT CONTRE LE NAZISME
LE
17 SEPTEMBRE 1943
À
VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE,
REPOSANT ICI ET EN DES LIEUX INCONNUS
,
L
EURS COMPATRIOTES
DE
CROATIE ET DE BOSNIE-HERZÉGOVINE,
LES
VILLEFRANCHOISES ET LES VILLEFRANCHOIS
FIDÈLEMENT RECONNAISSANTS
Au-delà de la réalisation du parc-mémorial, la commune de Villefranche-de-
Rouergue affiche la volonté de renforcer des liens qui, de par son histoire,
l'unissent à la Croatie.
Elle s'est ainsi engagée dans une procédure de jumelage avec la ville de Pula
(60 000 habitants), située en Istrie, sur la côte adriatique, dans le nord du pays.
Ce processus de rapprochement avec la ville de Pula s'est récemment traduit par
une rencontre avec le Maire de Pula, Boris Mileti
ć, à l'occasion de l'inauguration
du parc-mémorial. Une exposition de photographies sur la ville de Pula, des
visites de la ville de Villefranche et de son patrimoine, ainsi qu'une séance de
travail, ont ponctué ce séjour en terre villefranchoise du maire de Pula et de son
adjointe Vesna Petrovi
ć.
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