Dominique Sorrente:Fragments sorrentins/Sorentinski fragmenti

Publié le par Thomas Dretart

Mes amis les poètes du monde - Moji prijatelji pjesnici
svijeta:
Dominique Sorrente - de Marseille

Dominique Sorrente

J’ai fait la connaissance de 
Dominique Sorrente au    
Festival  international 
de Poésie à Namur  
durant l'année 2009.
Voici un poète qui entend dans  
la parole ce que peu de poètes
savent entendre dans leurs
voyages autour du monde.
Les mots se livrent,
toujours nouveaux.
On dirait qu'à chaque fois,
le même mot adressé aux autres
devient un nouveau-né,
créé avec  une âme de pèlerin.


DominiquaSorrentea  upoznao  sam 2008. godine na Interna-cionalnom  festivalu poezije   u Namuru.  On je Pjesnik koji  

čuje u  riječima  ono što  malo 
pjesnika zna čuti na svojim
putovanjima svijetom.
Riječi koje se pokazuju  
uvijek novima. Reklo bi se
da svaki put jedna te  
ista riječ upućena drugima 
postaje  novorođenče, 
stvoreno dušom hodočasnika.


Derrière les volets gris

 

PhotoDS.JPG 

                          

Autrefois, la terre était la terre
qui emporte tout sur son passage,
 et la terre passait.

Demain, si proche, n'est-ce pas
la terre,elle-même,
qui est emportée ?

Je voudrais ici sur parole
ne pas être cru.

*

Nekada, zemlja bijaše 
zemlja
koja sve  poražava

pri svom prolasku,
i zemlja prolažaše.

Sutradan, tako skoro,
nije li i zemlja sama,
ta koja je poražena?            

Želio bih tu svojoj riječi 
ne biti  vjerovnik.
    


         

Et sur parole encore.

Les vraies questions: celles
qui s'ouvrent à la lumière
et glissent sous la porte,
au matin.

Les vraies réponses :
celles qui savent
dans un fossé du soir
perdre leur temps.
                                                           

*

I o riječi još.

Prava pitanja: ona koja se
na svjetlosti otvaraju i u jutro,
kliznu ispod vrata.

Pravi odgovori: oni
koji znaju u jami večeri svoje           

gubiti vrijeme


 

Je plaide pour des utilités
sans gloire et sans armure,

celle des bulles de savon,
par exemple.

Elles, du moins, savent s'envoler
en demandant : quelle est l'utilité
de vos utilités ?

Et il n'est pas nécessaire
de chercher à les retenir.

*

Ja zastupam korisnosti bez slave
i zaštitne s vrhe,  primjerice, mjehuri sapuna.                                                                                              

Oni, barem, znaju odletjeti pitajući:
koja je korisnost od vaših korisnosti?

I nepotrebno je 
nastojati zadržavati njih.


Sur la fenêtre, une déesse
à la cognée.

Sa mémoire a fermé les portes
à double tour,

pour s'endormir dans la fontaine.
Là, je bois comme j'écris.

D'une gorgée à l'autre,
remontant vers
le signe d'abondance,
sous le paraphe des orangers.

*

Na prozoru, božica s dunjom.     

Njeno je pamćenje dvaput
zaključalo vrata,
da bi zaspalo u fontani. 
Ondje, ja pijem kaošto pišem.    

Od gutljaja do gutljaja, 
napredujući prema znaku obilja,
pod parafom narančara.


Le monde : tu peux l'appeler
ainsi sous l'acacia qui dure.

Il est fait d'étoiles filantes
et de mousses, de fourmis
et d'anges gardiens,

de rues ouvrant sur des fleuves,
de limites
et de franchissements.

Une partition qui se donne à portée
du premier regard innocent venu.

*

Svijet: ti ga  tako zvati možeš
pod akacijom
koja opstaje.

Ona je od zvijezda padalica
i mahovine,
mrava i anđela čuvara,

ulica koje izlaze na rijeke, 
ograničenja 
i  prekoračenja.

Jedna dionica koja je na dometu 
prvog  pridošlog 
nedužnog pogleda.


J'aime les yeux qui demandent
ce qu'ils savent déjà.

Comme une promesse faisant retour.

*

Ja volim oči koje pitaju
ono što već znaju.

Kao obećanje pri povratku. 


Cette limite inconnue qui nous raconte,
jour après jour.

Ce chant lacunaire où nous tentons
des bribes,
avec nos gorges d'assoiffés.

*

To nepoznato ograničenje
koje nam priča,
iz dana u dan.

Taj šupljikavi pjev
gdje oprobavamo  
mrvice,
svojim ožednjelim  grlima.


Dommage parfois
de ne pas savoir saluer
à sa juste valeur
d'oiseau divin

un geste de sportivité
au milieu des roses.

Comme refermer en plein soleil
les volets gris
pour libérer le paysage.

*

Šteta je katkad ne znati
pozdraviti ju u  
njenoj punoj vrijednosti

božanske ptice jednu
sportsku gestu u sred ruža.

Kao zatvoriti na suncu
sive žaluzine
da bi se  krajolik oslobodio.


©Dominique Sorrente;
®Prijevod na hrvatski –
Tomislav Dretar

 




Avec la permission d’auteur pris de la page: http://www.scriptorium-marseille.fr/archive/2008/08/27/inedits-sorrentins.html e traduit en croate par Tompislav Dretar, à Bruxelles, le 06 juillet 2009

 

S autorovim dopuštenjem skinuto sa stranice: http://www.scriptorium-marseille.fr/archive/2008/08/27/inedits-sorrentins.html i prevedeno od Tomislava Dretara, u Bruxellesu, 6. srpnja 2009. g.

--
DOM BRAN
" J' évite de faire les choses à moitié; je préfère ne pas les faire entièrement."
"C'est en nous regardant longuement droit dans les yeux que nous nous sommes
reconnu un urgent besoin de mettre des lunettes."
" Qui ne connaît dans ses connaissances une catastrophe ambulante ?"

Dominique Sorrente

Publié dans Poésie française

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Samia Nasr 08/07/2009 03:01

Je viens tard sur ton blog pour te souhaite une bonne nuit, J'avoue que j'aime les poètes dont tu fais connaissance, et merci de nous faire partager tes trouvailles et tes découvertes de bons auteurs de la sublime poésie, bonne nuit, gros bisous