Tomislav Dretar présente: Abdulah Sidran,poète bosno-herzégovien en Columbie et chez kustu.com

Publié le par Thomas Dretart



Pesadilla. Abdullah Sidran (Bosnia) -1 min. 9 seg.-

Memoria del Festival Internacional de Poesía de Medellín

Pesadilla. Abdullah Sidran (Bosnia) -1 min. 9 seg.-

Memoria del Festival Internacional de Poesía de Medellín

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Abdulah Sidran

Abdulah Sidran est né en 1944 à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine. Il devient très vite l'un des plus grands poètes de Bosnie-Herzégovine, mais aussi de toute l'ex-Yougoslavie. Certains de ses recueils ont marqué la vie littéraire de son pays (Chahbase, Ars poetica, Testament du merveilleux) et ont été partiellement traduits en différentes langues. Il est mondialement connu comme scénariste des films d'Emir Kusturica (Papa est en voyage d'affaires, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, mais aussi du film Kuduz d'Ademir Kenović).

Les oeuvres de Abdulah Sidran, en vers et en prose, sont intimement liées à la ville de Sarajevo, à la Bosnie multiéthnique et multiculturelle, à son origine bosniaque et slave de provenance musulmane.

Anecdotes

Abdulah Sidran a fait une fois l'acteur, dans le film Kuduz d'Ademir Kenović.

Scénarios

Engagement

Abdullah Sidran s'est fortement engagé pour la défense du modèle multiethnique de la Bosnie. Il a pris ses distances à plusieurs reprises avec Emir Kusturica depuis leurs collaborations dans les années 80.

Comment aujourd'hui ne pas faire un parallèle entre ce poète illustre qui a essayé avec ses mots de transcrire l'innommable de la guerre bosniaque et le drame du peuple kosovar ? Pourquoi les cités phares d'hier (Beyrouth, Sarajevo), exemples de cette parfaite osmose entre les cultures, sont-elles aujourd'hui des ruines que nous avons laissé brûler sans lever le petit doigt ?

Comment ne pas être révolté contre la perfidie de l'homme qui sans cesse recommence ses exactions ? Comment ne pas se dire en lisant ces vers que l'on est en train de revoir le même film ?

SARAJEVO DIT : JE SUIS UNE ILE AU COEUR DU MONDE

SARAJEVO DIT : JE SUIS UNE ILE AU COEUR DU MONDE

Immense est le monde, les continents dérivent
et le malheur sévit partout, mais ici les choses sont
différentes : au nord comme au sud,
la forêt embaume pareillement et cette fragrance
ne ressemble à rien qu'on ait entendu, vu ni touché.
En vain se dilatent les narines (pour l'embryon,
le ventre de sa mère n'aurait-il pas justement cette odeur ?)
Odeur de Rien, qui de la même voix pleure et chante
car l'amour et le malheur ont ici le même visage,
tout est semblable. Aux portes de la ville,
des sentinelles saisies d'effroi, des sentinelles
qui dorment debout (portées sur une aile invisible),
mais une voix, toujours la même, les fait sursauter :
Sarajevo, la foudre t'anéantisse ! A nouveau
quelqu'un m'appelle à l'aide.
Le désespéré ou le sage, l'enfant, l'aventurier ou le voyou
devant moi réconciliés ! Tout est un, tout revient au même.
Je suis une île au cœur du monde.
Rien ne m'atteint hormis son sang alangui, hormis
la peur qui plane au-dessus de nous tous.
Le silence, et rien alentour.

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Preveo na hrvatski – Tomislav Dretar:
SARAJEVO VELI: JA SAM OTOK U SRCU SVIJETA
Ogroman je svijet, kontinenti se odmiču
a nesreća bjesni posvuda, ali ovdje su stvari
drukčije : na sjeveru kao i na jugu,
šuma miris širi jednako i ta miomiris
ne sliči ničemu što se čulo, vidjelo ni taknulo.
Uzalud se nosnice šire (radi zametka,
trbuh njegove majke ne imade li upravo taj miris ?)
Miriš Ničega, koji istim glasom plače i pjeva
jer ljubav i nesreća ovdje isto lice imaju,
sve je slično. Na vratima gradskim,
stražari zahvaćeni užasom, stražari
koji spavaju uspravno (nošeni nevidljivim krilom),
ali jedan glas, uvijek isti, natjera ih poskočiti :
Sarajevo, grom te ubio ! Nanovo
me netko u pomoć zove.
Beznadnik ili mudrac, dijete, lutalica ili propalica
predamnom pomireni ! Sve je jedno, sve izlazi na isto.
Ja sam jedan otok u srcu mora.
Ništa me ne dosegnu osim njegove krvi malaksale, osim
straha koji lebdi nad nama svima.
Tišina, a ničeg uokolo.

fr/abdulah_sidran.txt · Last modified: 2007/03/17 19:37 by matthieu1

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