Tomislav Dretar O i okolo romana Jasne Šamić "Portrait de Balthazar".

Publié le par Thomas Dretart

De prime abord je voudrais dire quelques mots sur un merveilleux roman - "Portrait de Balthazar". Si ce roman était signé Le Clésio il serait le roman de l'année dans la francophonie. es héros vivants ne sont pas des avatars mais les caract...
ères sincères, ce qui est le contenu d'art du roman, comme le mot est pour la poésie, et puis, ils ne sont toujours arrondis, achevés, mais l'auteur cela a fait par exprès en laissant au lecteur de les récréer. À mon avis ce roman vaut trois fois plus que Les versets sataniques. Jasna Šamić a un œil scrutateur qui voit plus profondément qu'on peut imaginer. Une structure de la maitrise avec tout qu'on compte parmi les excellant moyens de la création d'un roman moderne à haute niveau, puis de l'observation au narration et de l'architecture d'un prosateur. Les images sont images d'une narratrice et non pas de velours d'une tailleuse. Puis, passons sur l'article - les observateurs. Vous pensez que leur nom/titre/fonction couvre son contenu. J'ai faisais la guerre, même en commandant de forces croates du secteur Nord-ouest de Bosnie. J'ai connu ces hommes, ce sont des contrebandiers et je m'en fous d'eux ou vous étés tous même, pareilles aux eux. Et on vous dit que Bosnie est un organisme à la très fines broderie. Vous ne comprenez rien du tout. Nous ne sommes pas tous les mêmes. Si vous voulez savoir- les Serbes, les Croates et les Bosniaques ont joués trois différents rôles dans l'histoire. Entre nous il y a de différences et la volonté de nous éparpiller par le monde n'est qu'une seule. Dans tout cela l'Islam n'est pas seul intéressé. Regardez le comportement des belligérants. Mais, regardant le comportement des chiens de guerre on dirait d'être sorti de même école, de même philosophie, de même volonté de tuer. Au début de la guerre je n'ai pas compris quelques choses. Pourquoi les gens comme moi ne sont pas bien vu de bon œil, nulle part? Les gens qui voulaient la paix entre nous sont menacés. Pourquoi, eux, ces chiens de guerre voulaient la haine, pas l'amitié. Tous cela, j'en suis persuadé est préparé avant 40 ans par l'invasion de la culture américaine. Et je vois derrière les évènements un processus d'une idée de mettre les Musulman dans un cloison, mais cloison sans le pétrole. Tout mène vers un empire islamique pauvre et déshumanisé, comme chez Zamiatine dans le roman "Nous".
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Post-guerre 24/11/2012 à 11h46

Jasna Samic, écrivaine : « L’islam radical met la Bosnie en danger »

Etienne Baldit | Rue89

Elle est aussi spécialiste du soufisme et des langues orientales, a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg et a été directrice associée de recherche au CNRS.


« Portrait de Balthazar Castiglione » de Raphaël, 1514-1515 (Elsa Lambert/Wikimedia Commons/CC)

Son dernier roman, « Portrait de Balthazar » (M.E.O Editions, 2012), met en scène un avocat de Sarajevo un peu déboussolé et éditeur à ses heures, chargé par un ami de la publication des « mémoires » d’une peintre exilée à Paris durant la guerre.

A son retour dans sa ville natale, elle se laisse séduire par un fanatique musulman, qui lui rappelle le « Portrait de Baldassare Castiglione », un tableau qui la fascine depuis toujours.

L’obscurantisme religieux qui se développe en Bosnie, sur les ruines d’un conflit ethnique qui divise toujours une population en manque de repères, est au centre de cette fiction inspirée d’une réalité « chaotique ».

Rue89 : Dans votre roman, le personnage principal est une artiste qui rentre à Sarajevo après avoir longtemps vécu à Paris. Elle y est confrontée à un islam rigoriste qu’elle ne connaissait pas : c’est quelque chose dont vous avez pu être témoin ?

Jasna Samic : La matière du livre, ce sont des faits réels, des choses qui se passent actuellement en Bosnie. Pendant la guerre, j’étais la plupart du temps à Paris. Quand je suis rentrée à Sarajevo, j’ai été choquée petit à petit.

Ça ne se voit pas immédiatement. C’est insidieux, ce sont des gens qu’on rencontre. Et puis j’ai connu quelques jeunes, et j’ai réalisé qu’ils appartenaient, idéologiquement et même peut-être en tant que membres, à cette organisation semi-clandestine qu’est la Jeunesse musulmane, influencée par les talibans, les wahhabites, les salafistes...

J’ai aussi fait des recherches, j’ai écouté et enquêté : ces gens-là n’hésitent pas à proférer des menaces de mort s’ils se sentent touchés, si leur Allah est menacé.

C’est un phénomène qui n’existait pas avant la guerre ?

Mission d’observation

Selon Jean-Pierre Michel, sénateur (PS) et membre d’une mission d’observation qui s’est rendue en Bosnie du 23 au 28 septembre, « l’ambassadeur de France, Roland Gilles, constate l’existence de vrais réseaux liés à Al Qaeda depuis au moins cinq ans. Et il y a de plus en plus de menaces islamistes à Sarajevo et dans les zones contrôlées par les Bosniaques ».

 

« L’Iran, les pays du Golfe et l’Arabie saoudite financent la construction de nouvelles mosquées en Bosnie. Ce phénomène n’est pas encore en prise directe avec la population. Mais il progresse. Comme il n’y a pas d’Etat central, dès qu’arrivent des problèmes sociaux ou des catastrophes naturelles, ce sont ces mosquées qui sont là pour aider les gens. L’argent coule à flots. »

 

Pour Jean-Pierre Michel, l’islamisme reste un phénomène marginal en Bosnie, mais il existe un « risque de conflit et d’abord à l’intérieur de la communauté bosniaque ».

 

Non, avant la guerre ça n’a jamais existé. Bien sûr, il y a un peu d’extrémisme partout, à des degrés divers. Avec l’arrivé de Khomeini en Iran à la fin des années 70, les idées de la révolution islamique sont arrivées en Bosnie dans les années 80.

Dans ces années-là, on a tout de suite eu un petit écho : des femmes ont commencé à porter le foulard, des hommes ont adopté d’autres comportements aussi, mais les femmes étaient peut-être un peu plus courageuses et donc on les voyait peut-être plus facilement.

Même certains intellectuels n’hésitaient pas à faire l’éloge de Khomeini et de cette révolution. Mais cela restait très, très marginal comme phénomène.

Maintenant, ça s’est développé d’une autre manière parce que la situation a changé. Le pays n’est plus trop ami avec l’Iran, mais plutôt avec l’Arabie saoudite, et ce sont les wahhabites qui sont derrière tout ça.

Derrière quoi exactement ?

Un certain islam radical se développe. C’est financé par l’Arabie saoudite, de riches Arabes qui n’aiment pas l’Occident. Ils ont leurs émissaires, des centres religieux, des mosquées qui ne ressemblent absolument plus à celles de l’époque ottomane et où ils tiennent leurs discours. Des prédicateurs viennent prêcher un islam radical, plutôt dans la nouvelle ville, pas dans le centre de Sarajevo. Ils ciblent principalement la jeunesse, mais pas seulement.

Il est difficile de dire s’il y a un « risque terroriste », mais ce qui est sûr c’est qu’il y a beaucoup de barbus, de femmes voilées, tout de noir vêtues, vêtues comme des Saoudiennes.

Et il existe un réseau clandestin de criminalité quotidienne. Cette mafia-là n’est pas nécessairement liée à l’islam. Mais ils agissent impunément, et disent être protégés. Quand on essaye de savoir qui est derrière, on entrevoit le reis-ul-ulema, le chef suprême des musulmans de Bosnie. Donc la religion les protège. Mais ce sont simplement des escrocs ! C’est au nom d’Allah, au nom de dieu qu’on fait toutes sortes de choses aujourd’hui, à loisir.

Quelle est la situation actuelle de la Bosnie ?

Cadre institutionnel

Depuis les accords de Dayton, qui ont mis fin au conflit ethnique qui a fait plus de 100 000 morts de 1992 à 1995, la Bosnie est dotée d’un appareil d’Etat très complexe :

 

- la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, dont la capitale est Sarajevo, regroupe la région historique de Bosnie et celle de d’Herzégovine. Elle est constituée de deux sous-collectivités (croate et bosniaque) et occupe le Sud-Ouest et le centre du pays. Elle est divisée en dix cantons, avec un fonctionnement décentralisé. Elle représente le pays auprès des institutions internationales et des autres Etats ;

 

- la République serbe de Bosnie, dont la capitale est Banja Luka, au nord du pays. Son fonctionnement est centralisé ;

 

- le district de Brčko, dans le nord du pays, appartient aux deux entités mais est complètement autonome administrativement et légalement.

 

Chacune des deux premières entités est dotée d’un Président et d’un gouvernement. La République serbe de Bosnie possède un Parlement, quand la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine dispose d’une police et d’une armée propres. La plus haute autorité du pays est le Haut représentant international en Bosnie-Herzégovine. Il est nommé par le Conseil de mise en œuvre des accords de paix.

Il faut d’abord se demander si la Bosnie existe, parce que c’est une agonie terrible qu’elle traverse. Il n’y a pas un gouvernement, mais trois. Il y a trois présidents, quatre peuples, trois langues parlées, des conflits intérieurs...

Ensuite, c’est la religion qui domine. La nationalité n’existe même pas, elle est « confondue » depuis que les Turcs ont reconnu le serbisme et que les Serbes ont eux-mêmes confondu le nationalisme avec la religion : le serbisme signifie à la fois appartenir à un peuple, à la nation, et être de religion orthodoxe.

Ça a toujours été une confusion, et aujourd’hui encore plus : ceux qu’on appelle les Bosniaques sont musulmans, les Serbes sont orthodoxes et les Croates sont catholiques.

Les orthodoxes sont très liés à la Serbie et les catholiques à la Croatie, alors que les Bosniaques sont complètement perdus là-dedans [les habitants de la Bosnie sont les Bosniens, ndlr].

Mais officiellement, c’est toujours un pays laïc.

Mais il y a deux Bosnie :

  • une qui est vraiment laïque et très pro-européenne ;

 

  • une autre qui est une grotte totale, qui révèle des siècles d’obscurantisme. C’est un chaos terrible.

Publié dans Historija

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