Extraits du receuil "Le Foyer des paroles" - Le Manuscrit éditions - Paris 2008

Thomas Dretart exprime l'acoustique réelle de la relation entre l'être et sa raison d'être attentivement examiné et ce n'est pas pour avoir un refuge quelconque, ce n'est pas un oubli non plus, même pas la blancheur du papier - mais la recherche de la causalité, de la cohérence, du pressentiment, de la signification et bien à part on trouve ici une discrétion à la voix intérieure. Il n'y a pas de la simplification dans son exploit ni de l'appropriation enfin. Ses découvertes cachent dans leurs profondeurs des racines abondantes des lumières qui fleurissent devant nos jeux.
DANS CETTE CHAMBRE TU DEMEURES.
Je le sais par
Une rose et une fenêtre bien ouvertes.
A travers elles pénètre le matin.
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SI TU OTES TA CHEMISE
ne penses plus à la flamme
qui pourrait nous brûler la peau.
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CE PAIN de ta main pétri
et posé sur la fenêtre afin
de me rappeler à toi,
moi qui suis affamé
comme un loup.
Moi qui en connais le goût
et le premier geste de ta main.
Répétant l'ouvrage du soleil et de l'amour.
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NOUS AURONS
tout ce que l'œil souhaite.
Ce que le cœur souhaite
lance un éclair si tu fermes ton œil.
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SI TU ME TENDS LA MAIN
deux armées vont se joindre.
La tienne est boucles de cheveux
et la mienne convoitise.
Voilà ce que nous voulons.
Qu'il n y ait pas de guerre.
Que le geste de la main soit
le vol d'un oiseau dont
les ailes s'éploient.
Et la chaleur du regard.
Et au loin, le soleil.
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NOUS N'AVONS PAS BESOIN
de témoins ni de voix étrangère
ni d'un œil étranger.
Nous suffisent mon front
et ton regard prêt à voir
le premier sourire et la première ride.
Qu'il les voie et n'y prenne garde.
L'amour connaît son rôle.
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NOUS AVONS LE BONHEUR
mon amour. Il est le matin.
Ici, sa ville natale. Proche est la forêt.
La rivière fait ruisseler sur son épaule
des gouttes diaphanes.
Et chante un oiseau.
Par bonheur chante un oiseau.
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AIMER LE PAYS NATAL.
Chercher les vallées perdues,
atteindre le sommet des montagnes.
Veiller à ce que dans le jardin
toujours fleurisse une rose.
Et que la rose brille. Toujours.
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LE TOIT ROUGE de ton foyer
fait que toujours je sache
ce qu'est l'éloignement
et comment le franchir.
À l'aube ton foyer lointain
brille derrière l'horizon.
Mon œil absorbe tout.
Le toit rouge de ton foyer
annule notre distance.
De ton être à mon être
le regard et la paume
ouverte flottent au vent.