Dans les bras de Bruxelles
Bruxelles se lève tôt matin et se couche tard le soir
La nuit précédente comme d’habitude il a pensé à la nuit suivante.
A midi il se demande est-ce que la tartine est grosse comme sa femme.
A quatre heures il boit un demi guérissant pour en trouver la réponse.
Il entre dans le tram, on cherche de sous oubliés devant de Dieu.
On les donne et on se met à jouir de sa propre charité si généreuse.
Bruxelles habite au sous-sol, il a un quart de ciel dans les yeux.
S’il oublie parfois son adresse il la demande au voisin, il sait tout.
Parfois lui vient Tony à l’orgue de barbarie à faire le concert matinal.
Ils se mettent ensemble à deviner par quelle fenêtre ciel va jeter un sou.
Le ciel est généreux à Bruxelles. Il le couvre chaque jour par de brumes,
Il lui lave le visage toute la nuit pour qu’il ait ses pensées plus claires.
Et nulle part le soleil n’est aussi grand amateur de belles filles qu’à Bruxelles.
Il les dénude jusqu’à les hanches et il les caresse au grande public.
Elles sont heureuses, elles rient, elles plient leurs sourcils, elles gazouillent
Dans les bras de Bruxelles et leurs enfants aurons les deux pères légitimes.
Un père habitant le souterrain et l’autre père régnant le firmament du ciel.
Un père qui met en chaleur et dénude leurs mères.
Et l’autre père qui les fait descendre au souterrain et grimper au lit.
Thomas Dretart: PAROLE, MON LOGEMENT SOCIAL - poèmes inédits