À SIX HEURES DU MATIN BRUSSEL DORT A UN OEIL
À SIX HEURES DU MATIN BRUSSEL
DORT A UN OEIL,
De l’autre Lui observe le fil devant
Le Petit Château.
Brussel écoute à une oreille,
de l’autre il écoute
Musique éternelle si proche
à fleur d’Iris Illyrique.
Entre le Lion et le Coque ses deux fiertés
La Belle Iris
Prend par-devant les coureurs
de jupes célestes.
On dirait Bruxelles est une Belle Dormant
aux bois odorants.
Mais en face de Citibank y a toujours
une division de la police
Mon voisin, un vrais Bruxellois dont la famille
pèse 135 kilos par tête
N’oublie jamais à me dire qu’on mange
bien en Belgique.
A la porte au rez-de-chaussée on trouve
quelque fois
Des bienheureux qui ronflent au lit
de pierre taillée,
Sans avoir l’oreiller, sans avoir la couverture
sur le dos.
Ils ronflent, ils ferment des yeux, ils bouchent
des oreilles
Et ils tondent le bras pour recueillir de centimes
patrimoniaux.
A neuves heures précise l’entrée est désertée,
rez-de-chaussée vidé
Pouvant sortir de chez Lui claque la porte
sans se soucier
D’avenir de ses centimes bien-aimés au sous-sol
de Citibank.
A midi Bruxelles se promène, dans l’après-midi
Brussel fait de la visite
A sa majesté abordable à sa bière bien-aimée,
meilleure au monde, bien sûr.
Vers minuit Bruxelles à Ixelles se déshabille
devant des jeux avides
De son mari pour lui faire l’excellant repas
final bien que timide.
Thomas Dretart: PAROLE, MON LOGEMENT SOCIAL - poèmes inédits