Au commencement il n’y avait pas de commencement
Au commencement il n’y avait pas de commencement
A dit la parole en rapportant son récit venant du néant
Moi j’étais seule et j’étais prête pour mon origami
Dieu est venu me fertiliser me faire danser en douceur
Ils étaient deux lui et son esprit éprit de moi l’amateur de Dieu
Mais c’était l’esprit qui m’a apprit mettre au monde la vie
Puis je me suis ouvert j’ai mis au monde la lumière mon œil
Le noir de mon ventre s’est retiré en soi en direction orgastique
Comme ça pleine du noir insaisissable je suis toujours en spasme
La parole selon sa jointure divine transversale ou longitudinale
Éjectait sans fin de lumineuses boules dans l’univers avide
De jouissance éternelle sur l’axe syntagmatique de la vie floral
Un jour la parole s’est faufilée dans le monde peu syntaxique
N’aie pas peur a dit la parole à sa sœur Ève goutte ma pulpe
Tu connaîtras et tu sauras le commencement la direction
Et le point final de la phrase tu seras la maîtresse de la grammaire
Puis elle s’est dirigée dans les champs où les lys de champs à poil
Mettaient de couleurs vivantes sur sa peau conviviale
Aimez les un les autres a dit la parole aux épis nourrissant
Vous seraient pourchassés vendue au marché d’esclaves
Aimez vos proche plus que vous-même ils sont vos réveil
Vous seraient crucifiés vous serait privés du sommeil
Aimez vos ennemis comme vous aimez vos propres plaies
Vous seraient étouffés vous seraient avalé en avalanche
La parole s’est fait monter sur la croix pour voir le monde d’en haut
Elle était seule elle était triste elle se faisait percer par une lance
Mon Dieu pourquoi tu m’as abandonné disait la parole isolé sur la croix
Thomas Dretart: PAROLE, MON LOGEMENT SOCIAL - poèmes inédits