Poésie colombienne: JORGE TORRES MEDINA – un petit choix par Thomas Dretart

Publié le par Thomas Dretart


Espagnol                                              Français
Creo en dios

En ese que sale de mí
y de los otros
en ese hecho vital
que mata la soberbia
que limpia y entonces
distingue
lo que no es un dios 
lo que no es un hombre
Je crois en dieu

En celui qui jaillit de moi
et des autres
ce fait vital
qui tue l’orgueil
qui décape et alors
distingue
ce qui n’est pas un dieu
ce qui n’est pas un homme
Brebajes

Los hombres se embriagan
los poetas liban con los brujos
bebidas prohibidas
amargas y espesas
aptas para exudar del cuerpo
al único enemigo persistente
la muerte que igual que dios
está conspirando en las esquinas. . .
Breuvages

Les hommes boivent
les poètes s’enivrent avec les chamans
de boissons interdites
amères et épaisses
capables d’ extirper du corps
l’unique ennemi persistant
la mort pareille a dieu
conspire dans tous les coins. . .
Alucinación

Un zancudo zumbando
una rata vigilando la cena
un moribundo

La locura transpira
noche de agujas
los cadáveres danzan
hierve la euforia
desorbitados clisos

Nosocomio es el mundo

¡Quizá despierte!
para interrumpir este despojo
Hallucination

Un moustique bourdonne
un rat surveille le repas
un moribond

La folie transpire
nuit d’ aiguilles
les cadavres dansent
l’ euphorie frémit
quinquets exorbités

Le monde est un asile

A quand l’éveil !
pour interrompre ce dépouillement 
Extraña plenitud

Flujo y reflujo
sospecha desbordada

La sapiencia es espuma
expulsada del agua
Etrange plénitude

Flux et reflux
soupçons en crue

La sagesse est l’ écume
expulsée de l’ eau
Oficina prohibida

Passerelle Grange-aux-Belles

Llegada la noche

salto la tapia

para escuchar el agua

me sumerjo entonces

exiliado en mi orfandad

 

Pasado el trance

el viajero de la ciudad profunda

regresa a la reverberación

 

Húmedo viste su soledad

rompe el delirio del ahogado

y abandona la oficina prohibida

 

 

 

Bureau interdit

Passerelle Grange-aux-Belles

La nuit venue

j’enjambe le mur

pour écouter l’ eau

je sombre alors

exilé dans mon abandon

 

L’ épreuve franchie

le voyageur de la cité profonde

retourne a la réverbération

 

Humide il revêt sa solitude

brise le délire du naufragé

et abandonne le bureau interdit  

 

Jorge TORRES-MEDINA

Né à Chiquinquira (Colombie) en 1956. I1 a écrit les livres de poésie

Instantes Y Profanaciones,

Edition Chiminigagua 1980 et Mémoire de l’Oisiveté

Edition Vericuetos Chemins Scabreux 1990.

Il a aussi participé a plusieurs anthologies de poésie

latinoaméricaines à Paris dont Ecritures Latino-américaines de Fin

de Siecle, Edition Escargot au Galop 1998, Páginas de la Literatura

Colombiana en París, Edition Vericuetos-Chemins Scabreux 2000

et l’ Anthologie Poétique Loin de l’Origine, Edition Linajes Mexico 2001.

Il a été l’un des membres fondateurs de la revue Vericuetos-Chemins

Scabreux à Paris en 1990 et directeur et fondateur de Vericuetos-Chemins

Scabreux version latino-américaine à Bogota, (Colombie) en 1993.

Il a aussi participé, en tant que poéte invité, au Festival International

de Poésie de Medellin, (Colombie) en 1998 et 2000, ainsi qu’aux

Sixièmes Rencontres des Ecrivains Francophones et Hispanophones

“Autour de Claude Couffon” Université du Littoral Côte d’Opale,

Boulogne Sur Mer 2002.

En 1998, le Centre National du Livre lui a accordé La Bourse

d’encouragement.

Croate                                                        Français

Vjerujem u Boga

U onoga koji iz mene
i iz drugih izbijati
taj životni čin
koji ubija oholost 
koji očišćava i tad
odvaja
ono što nije bog
ono što nije čovjek
Je crois en dieu

En celui qui jaillit de moi
et des autres
ce fait vital
qui tue l’orgueil
qui décape et alors
distingue
ce qui n’est pas un dieu
ce qui n’est pas un homme
Napitak

Ljudi piju
pjesnici se opijaju sa šamanima
zabranjenim pićima
gorkim i gustim
odstraniti iz tijela
jedinog nepopustljivog neprijatelja
smrt istovjetna bogu
roti se u svim kutovima…
Breuvages

Les hommes boivent
les poètes s’enivrent avec les chamans
de boissons interdites
amères et épaisses
capables d’ extirper du corps
l’unique ennemi persistant
la mort pareille a dieu
conspire dans tous les coins. . .
 Priviđenje

jedan komarac zuji
jedan pacov vreba objed
jednog samrtnika

Ludost  znoji
noć igala
lješevi plešu
drhti uznos
iskolačenih lampaša

Svijet je utočište

Kad je buđenje!za prekinuti
ovu otimačinu
Hallucination

Un moustique bourdonne
un rat surveille le repas
un moribond

La folie transpire
nuit d’ aiguilles
les cadavres dansent
l’ euphorie frémit
quinquets exorbités

Le monde est un asile

A quand l’éveil !
pour interrompre ce dépouillement 
Čudna punina

Plima i osjeka
sumnje u porastu

Mudrost je pjena
protjerana iz vode
Etrange plénitude

Flux et reflux
soupçons en crue

La sagesse est l’ écume
expulsée de l’ eau
Zabranjeni ured

Passerelle Grange-aux-Belles

Pristiže noć

ja zakoračujem zid

da bih slušao vodu

tad nestajem

sklonjen u svojoj napuštenosti

 

Kad je iskušenje prošlo

putnik iz dubokog grada

vraća se odsjaju

 

 

Ovlažen on sanja samoću

slama ludilo brodoloma

i napušta zabranjeni ured

Bureau interdit

Passerelle Grange-aux-Belles

La nuit venue

j’enjambe le mur

pour écouter l’ eau

je sombre alors

exilé dans mon abandon

 

L’ épreuve franchie

le voyageur de la cité profonde

retourne a la réverbération

 

Humide il revêt sa solitude

brise le délire du naufragé

et abandonne le bureau interdit  

Publicité

Publié dans La poésie non clssée

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
<br /> <br />  COMO SIEMPRE ! LA AMBLE REALIDAD DE LAS COSAS , QUE VIVES Y SIENTES .<br /> <br /> <br />  BRAVO.....<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre