Poésie colombienne: JORGE TORRES MEDINA – un petit choix par Thomas Dretart
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| Creo en dios En ese que sale de mí y de los otros en ese hecho vital que mata la soberbia que limpia y entonces distingue lo que no es un dios lo que no es un hombre | Je crois en dieu En celui qui jaillit de moi et des autres ce fait vital qui tue l’orgueil qui décape et alors distingue ce qui n’est pas un dieu ce qui n’est pas un homme |
| Brebajes Los hombres se embriagan los poetas liban con los brujos bebidas prohibidas amargas y espesas aptas para exudar del cuerpo al único enemigo persistente la muerte que igual que dios está conspirando en las esquinas. . . | Breuvages Les hommes boivent les poètes s’enivrent avec les chamans de boissons interdites amères et épaisses capables d’ extirper du corps l’unique ennemi persistant la mort pareille a dieu conspire dans tous les coins. . . |
| Alucinación Un zancudo zumbando una rata vigilando la cena un moribundo La locura transpira noche de agujas los cadáveres danzan hierve la euforia desorbitados clisos Nosocomio es el mundo ¡Quizá despierte! para interrumpir este despojo | Hallucination Un moustique bourdonne un rat surveille le repas un moribond La folie transpire nuit d’ aiguilles les cadavres dansent l’ euphorie frémit quinquets exorbités Le monde est un asile A quand l’éveil ! pour interrompre ce dépouillement |
| Extraña plenitud Flujo y reflujo sospecha desbordada La sapiencia es espuma expulsada del agua | Etrange plénitude Flux et reflux soupçons en crue La sagesse est l’ écume expulsée de l’ eau |
| Oficina prohibida Passerelle Grange-aux-Belles Llegada la noche salto la tapia para escuchar el agua me sumerjo entonces exiliado en mi orfandad
Pasado el trance el viajero de la ciudad profunda regresa a la reverberación
Húmedo viste su soledad rompe el delirio del ahogado y abandona la oficina prohibida
| Bureau interdit Passerelle Grange-aux-Belles La nuit venue j’enjambe le mur pour écouter l’ eau je sombre alors exilé dans mon abandon
L’ épreuve franchie le voyageur de la cité profonde retourne a la réverbération
Humide il revêt sa solitude brise le délire du naufragé et abandonne le bureau interdit |
Jorge TORRES-MEDINA
Né à Chiquinquira (Colombie) en 1956. I1 a écrit les livres de poésie
Instantes Y Profanaciones,
Edition Chiminigagua 1980 et Mémoire de l’Oisiveté
Edition Vericuetos Chemins Scabreux 1990.
Il a aussi participé a plusieurs anthologies de poésie
latinoaméricaines à Paris dont Ecritures Latino-américaines de Fin
de Siecle, Edition Escargot au Galop 1998, Páginas de la Literatura
Colombiana en París, Edition Vericuetos-Chemins Scabreux 2000
et l’ Anthologie Poétique Loin de l’Origine, Edition Linajes Mexico 2001.
Il a été l’un des membres fondateurs de la revue Vericuetos-Chemins
Scabreux à Paris en 1990 et directeur et fondateur de Vericuetos-Chemins
Scabreux version latino-américaine à Bogota, (Colombie) en 1993.
Il a aussi participé, en tant que poéte invité, au Festival International
de Poésie de Medellin, (Colombie) en 1998 et 2000, ainsi qu’aux
Sixièmes Rencontres des Ecrivains Francophones et Hispanophones
“Autour de Claude Couffon” Université du Littoral Côte d’Opale,
Boulogne Sur Mer 2002.
En 1998, le Centre National du Livre lui a accordé La Bourse
d’encouragement.
Croate Français
| Vjerujem u Boga U onoga koji iz mene i iz drugih izbijati taj životni čin koji ubija oholost koji očišćava i tad odvaja ono što nije bog ono što nije čovjek | Je crois en dieu En celui qui jaillit de moi et des autres ce fait vital qui tue l’orgueil qui décape et alors distingue ce qui n’est pas un dieu ce qui n’est pas un homme |
| Napitak Ljudi piju pjesnici se opijaju sa šamanima zabranjenim pićima gorkim i gustim odstraniti iz tijela jedinog nepopustljivog neprijatelja smrt istovjetna bogu roti se u svim kutovima… | Breuvages Les hommes boivent les poètes s’enivrent avec les chamans de boissons interdites amères et épaisses capables d’ extirper du corps l’unique ennemi persistant la mort pareille a dieu conspire dans tous les coins. . . |
| Priviđenje jedan komarac zuji jedan pacov vreba objed jednog samrtnika Ludost znoji noć igala lješevi plešu drhti uznos iskolačenih lampaša Svijet je utočište Kad je buđenje!za prekinuti ovu otimačinu | Hallucination Un moustique bourdonne un rat surveille le repas un moribond La folie transpire nuit d’ aiguilles les cadavres dansent l’ euphorie frémit quinquets exorbités Le monde est un asile A quand l’éveil ! pour interrompre ce dépouillement |
| Čudna punina Plima i osjeka sumnje u porastu Mudrost je pjena protjerana iz vode | Etrange plénitude Flux et reflux soupçons en crue La sagesse est l’ écume expulsée de l’ eau |
| Zabranjeni ured Passerelle Grange-aux-Belles Pristiže noć ja zakoračujem zid da bih slušao vodu tad nestajem sklonjen u svojoj napuštenosti
Kad je iskušenje prošlo putnik iz dubokog grada vraća se odsjaju
Ovlažen on sanja samoću slama ludilo brodoloma i napušta zabranjeni ured | Bureau interdit Passerelle Grange-aux-Belles La nuit venue j’enjambe le mur pour écouter l’ eau je sombre alors exilé dans mon abandon
L’ épreuve franchie le voyageur de la cité profonde retourne a la réverbération
Humide il revêt sa solitude brise le délire du naufragé et abandonne le bureau interdit |